La démocratisation des choix appelle un enseignement à penser

Devant l’incertitude grandissante à laquelle sont confrontés les décideurs, le réflexe à longtemps été celui d’obtenir l’avis d’experts ne pouvant offrir des solutions inévitablement réductrices pour répondre à des problèmes complexes conduisant à la crise actuelle qui secoue le management.

Crise de raison et de légitimité

Celle-ci porte en elle une critique sociologique sur la croyance en une rationalité infaillible. En réduisant les moyens à un nombre limité de finalités pré-déterminés, Lascoumes (2003) évoque les dérives possibles des mono-expertises techniques au profit des intérêts politiques des décideurs. Le travail de conscientisation (Freire, 1968) et d’éducation populaire à permis l’émergence d’une société civile mieux informée et critique à l’égard des discours experts et capable d’organiser des contre-expertise et de remettre en question la légitimité des décisions prises.

Pour reprendre Chomsky la « manufacture du consentement » résulte bien souvent d’avis « mous » et « vagues » qui tentent de ménager la chèvre et le chou ou de s’établir sur des « certitudes illusoires ». Lorsqu’il ne s’agit pas carrément de détournement intellectuel. Ouvrant la porte à une déresponsabilisation des décideurs prompts s’en remettre aux « avis d’expert ».

Refonte du management: enseigner à penser la complexité en groupe

Est-ce un hasard si à la même époque Smith (2002) plaidait pour que les écoles de gestion enseignent aux futures gestionnaires à penser et non seulement à prendre des décisions rationnelles à partir de méthode formelles. Le curriculum proposé faisait une grande place à la pensée critique et à la résolution de problèmes.

Les conclusions de Lascoumes (2003) sur la nécessiter de faire entrer les parties prenantes dans le processus décisionnel pour ainsi le rendre légitime laissent d’ailleurs croire qu’il sera nécessaire pour les gestionnaires d’établir un climat de coopération entre des acteurs invités à partager des points de vue
divergents et ainsi de considérer collectivement les risques et les incertitudes et de remettre en question les mesures à prendre. Une telle démocratisation de la décision est porteuse de changements profonds dans le management.

En reprenant le curriculum proposé par Smith (2003) on peut penser que cette refonte du management consistera comme le dit Lascoume (2002) à faciliter « le passage d’une construction de la certitude [individuelles] à un approfondissement de l’incertitude » qui soit apte a concilier une pluralité de point de vue vers un processus de décision collective qu soit satisfaisant et efficace.

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Auteur : Vaserdak

Candidat à la M.Sc management à HEC Montréal Chercheur-analyse, consultant, formateur

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