La croissance économique: nouveau modèle et accessibilité

L’économie mondiale est au ralenti et les tentatives pour stimuler la création de richesses nationales sont multiples. Dans un récent rapport du centre de productivité et de prospérité (Filion, Julien et coll., 2014) constatent plusieurs obstacles à la croissance des PMEs. L’un de ces facteurs est souligné par Freel (2013) qui constate d’une part une aversion généralisée à l’incertitude dans les milieux entrepreneuriaux et d’autres parts une accélération grandissante de la complexité et de l’influence des technologies dans la prise de décisions complexes. L’OCDE (2010) considèrent en moyenne que 2-3% de la population entrepreneuriale, les gazelles de Birch (1989), soit des entreprises présentant 20% de croissance sur au moins 3 années consécutives, contribuent pour 40% à 60% de la croissance économique nationales. (Filion, Julien et coll., 2014) recommandent ainsi que des efforts soient fait afin de favoriser le développement d’une culture de croissance dans les milieux entrepreneuriaux par la formation des gestionnaires et l’implantation de systèmes de gestion des régimes institutionnels dans les écosystèmes.

Anticiper les opportunités

Le secret de la croissance s’il réside au niveau de la capabilité de la direction et de l’organisation à gérer le changement rapide s’explique notamment par un contexte dans lequel l’innovation et l’internationalisation prévalent. Nunes et Breene (2014) chercheurs responsables pour la Institute for High Performance chez Accenture, révèle qu’avec l’accélération du développement des technologies et des processus d’innovation, il devient nécessaire d’anticiper les opportunités au départ des cycles (S-curve) pour ensuite créer les stratégies « from the edge » en prévision de la prochaine vague de changement.

Innovation et technologie

Le rapport livré par Cohendet et coll. (2010) pour le compte du Centre sur la prospérité et la productivité, traçait déjà l’évolution des TIC et leur impact sur la transformation des marchés. Les réseaux, en plus de favoriser la multiplication des partenariats entre les acteurs dans la chaîne de valeurs, ont facilité l’accès aux produits et services et donc contribuée à diversifier l’offre et à accroître la richesse. Mais surtout à « favoriser le passage d’un modèle d’innovation fermée vers un modèle ouvert » et donc la mutualisation des processus d’innovation avec l’extérieur de l’entreprise.

Vers des entreprises ouvertes…

Un article de 2006 publié dans The Economist faisait état des modèles d’affaires « open-source » et des changements profond que ces derniers allaient engendrer dans l’industrie du logiciel. En misant sur l’implantation du logiciel libre Red Hat est parvenu à gruger les parts de marché des géants de l’industrie comme Microsoft. L’un des facteurs clé énoncé dans l’étude de cas IBM/Red Hat par Munga, Fogwill et Williams (2009) pour expliquer le success de cette entreprise ouverte repose sur l’absence de propriété intellectuelle et l’intégration du « crowdsourcing » comme fondation pour offrir stabilité et confiance dans la relation avec leurs clients.

…au sein d’une économie en réseau

L’IdC permet maintenant non seulement de collecter des données en temps réel pour en faire des « Big Data » mais aussi d’en générer du sens à partir duquel il devient possible d’automatiser les procédés sur l’ensemble de la chaîne logistique (Deloitte, 2014). Aussi, l’IdC à le potentiel d’offrir aux entreprises la possibilité de capter davantage de valeur en allant réduisant les coûts marginaux à presque rien, (Rifkin, 2014; Deloitte, 2014). Le développement de solutions d’affaires concernant l’analyse en temps-réel offre d’innombrables opportunités de création de valeurs et d’innovation radicales au sein des écosystèmes. Rivkins (2014) parlent d’une 3e révolution pour signifier la récente convergence infrastructurelle entre les systèmes d’information de l’internet aux systèmes émergents d’énergies renouvelables et de logistique/transport/production (impression 3D).

Repenser la croissance en “commons”

Dans leur rapport exécutif sur le déclin de la compétitivité états-unienne remis la semaine dernière pour le compte de la Havard Business School, Porter et Rivkin (2014) à l’instar de Cohendet (2010), font le constat d’un écart grandissant entre les investissements en capital humain et organisationnel et celui fait pour l’implantation des nouvelles technologies. Celles-ci sont passées en moyenne à 60% des dépenses des entreprises en croissance. Les perspectives d’avenir laissent croire qu’il faudra changer la façon dont les politiques publiques envisage la croissance et notamment sa coordination au sein des écosystèmes entrepreneuriaux. À la centralisation et à la protection de la propriété intellectuelle des entreprises, Porter et Rivkin (2014)  proposent autre approche: « building up the commons, or the shared resources on which all business depends, to boost labor productivity—for instance, by giving Americans world-class opportunities for education and skills development that are aligned with the needs of the workplace».


Référence

Cohendet, P, Da Silva, L. B. Audet. (2010) l’innovation et les technologies de l’information et de la communication, centre sur la prospérité et la productivité, hec montréal, octobre 2010.

Deloitte, (2014). the internet of things ecosystem: unlocking the business value of connected devices. executive workshop report, in collaboration with the mit media lab, may 6-7 2014.

Freel, M., & de Jong, J. P. (2009). market novelty, competence-seeking and innovation networking. technovation, 29(12), 873-884.

Filion, L-J, P-A Julien, K. Joyal, S. Melançon (2014) Dossier: la croissance des pme, centre sur la prospérité et la productivité, hec montréal, septembre 2014.

Munga, N., Fogwill, T., & Williams, Q. (2009, october). the adoption of open source software in business models: a red hat and ibm case study. in proceedings of the 2009 annual research conference of the south african institute of computer scientists and information technologists (pp. 112-121). acm.

Nanterme, P. et P. Daugherty (2014) accenture technology vision 2014: every business is a digital business, accenture. institute for high performance. en ligne (20 septembre 2013) http://www.accenture.com/technologyvision

Nunes, P. et T. Breene (2014) how to beat the growth cycle, institute for high performance. en ligne (20 septembre 2013) http://www.accenture.com/technologyvision

OECD (2010), High-Growth Enterprises: What Governments Can Do to Make a Difference, OECD Studies on SMEs and Entrepreneurship, OECD Publishing. http://dx.doi.org/10.1787/9789264048782-en

Porter, M. et J. Rivkin (2014) an economy doing half its job: findings of harvard business school’s 2013–14 survey on u.s. competitiveness, harvard business school, september 2014.

Rifkin, J., & Guez, O. (2014). rencontre avec Jeremy Rifkin: la troisième révolution industrielle est en marche. les grands dossiers des sciences humaines, (12), 25-25.

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Auteur : Vaserdak

Candidat à la M.Sc management à HEC Montréal Chercheur-analyse, consultant, formateur

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